Démarche
Artistique
Démarche
Je sculpte sur des morceaux de bois trouvés dehors dans la nature, des terrains vagues, aux lisières des villes et des campagnes, en bord de mer, de fleuve… là où la nature regagne ses droits, où la société dépose ses déchets, là où le sauvage gagne sur le domestique.
Bois flottés, bois éclatés, bois décomposés, bois œuvrés, détériorés, vielles poutres, douelles... Le temps, les phénomènes naturels ont mis à nu la matière, ont révélé des formes et créé déjà une œuvre confuse.
La sculpture est le double du corps et nous interpelle sur nous-mêmes et sur notre rapport au temps, à la matière, à la nature.
J’associe, je confronte figure humaine et élément naturel.
Je cherche des correspondances avec le corps humain, une présence dans le bois. Une présence à la fois humaine, végétale, minérale qui nous rappelle à nos origines communes.
Entre le naturel et l’artifice, entre le brut et le fini, mon travail est guidé par la matière et repose sur la structure du bois et ses formes originelles.
Je m’appuie surtout sur les lignes ascendantes du bois, leur énergie brute, leur élan premier.
Je sculpte le bois pour garder le contact avec les arbres, avec les éléments naturels.
Pour rester dans cet élan vital que l’on voit dans les lignes du bois.
Pour faire corps avec le bois.
Pour chercher la beauté primitive des formes, le calme, une harmonie.
Pour rester debout comme un arbre et ne pas perdre l’équilibre dans ce monde chaotique et violent.
Techniques mises en œuvre
Fendage, éclatement du bois — Assemblage — Taille directe effectuée avec des outils traditionnels (herminettes, gouges, ciseaux…) et avec de l’outillage électrique (disques, limes…) — Rajouts de mastic polyester ou de plâtre pour reboucher et adjoindre des éléments modelés — Rajouts métalliques et soudures pour les renforts, les socles… — Ponçage léger pour que le bois garde un aspect brut — Peinture de finition pour couvrir les trous, les ajouts, les inégales colorations du bois, pour renforcer l’unité de la sculpture et pour lui donner son aspect final en jouant sur l’ambigüité de l’origine du matériau et sur ses représentations.
